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euls les écrits ou les récits des anciens des Cinq Peuples peuvent rappeler comment était leur monde Avant la Chute des Ténèbres. De cette époque lointaine, il ne reste que des bâtiments en ruines et des sous-sols oubliés. De cette époque il ne reste plus que des vestiges, dont la moitié est dans l’hémisphère Est dans les Ténèbres. De cette époque, il ne reste que des légendes, des contes et des textes souvent énigmatiques racontant la vie, Avant la Chute, des Peuples dans leur monde, qu’ils appellent Althea.
es Elfes ont choisi la forêt comme demeure et établirent avec elle une relation de partage et d’échange : la forêt leur donnait abri et nourriture et en échange, les elfes la protégeaient contre les dangers de l'extérieur, les négligences des voyageurs étrangers, et toute autre intervention non naturelle.
Les Gnomes ont préféré s'installer au pied des collines, pour creuser leurs terriers bien calfeutrés, afin d'y mener leurs recherches et expériences. Leurs terres étaient ouvertes à tous, pourvu qu'on les laissât travailler en paix.
Les Halfelins se sont regroupés en petits clans, ou devrait-on dire en grande famille, dans des vallées tranquilles. Mais ils étaient nombreux sur les routes, à voyager par monts et par vaux, et à l'instar des gnomes, ils n'avaient pas vraiment de royaumes.
Les Nains, nés de la Pierre pour vivre dans la Pierre disait la légende, construisirent leurs royaumes sous les montagnes, tirant du sous sol tout ce qu'ils avaient besoin pour subsister. Ils quittaient rarement leurs montagnes et en gardaient l’accès soigneusement protégé des autres Peuples.
Les Humains avaient choisi les plaines, pour cultiver les champs et élever le bétail. Mais les Humains aimaient aussi ce qu’ils n’avaient pas, et donc étendaient leurs territoires partout où cela leur était possible. Différents les uns des autres, ils apportaient la richesse de la diversité, et bien souvent étaient le lien entre les autres Peuples.
Ces Cinq Peuples avaient prospéré sous le regard vigilant, parfois sévère, parfois indifférent, parfois bienfaisant des Dieux. Ils leur rendaient hommage eux qui avaient créé Althea et y avait semé la vie. Les plus honorés étaient les Premiers et plus grands : Eva, la Mère; Arnoch, le Père; et Ejada, l’Architecte.
ais désormais, le monde avait bien changé, et l’elfe le plus âgé a disparu il y a quelques années. A part lui, on dit qu’aucun être vivant n’est assez âgé pour se souvenir du temps, où, tout compte fait, il faisait bon vivre. Ce n’est plus que légendes et contes pour enfants.
Car les Ténèbres étaient tombées du firmament. Avec elles, le Chaos s’est étendu sur le monde, autour de l’endroit où il a frappé, ce lieu que les sages appelèrent plus tard le pôle Est d’Althea.
Les bardes racontent :
Du fragment de Chaos tombé sur Althea jaillit les Démons. Esprits maléfiques et retors, ils s’élancèrent dans le monde pour corrompre la vie au nom du Chaos et du Mal.
Des races monstrueuses, difformes et perverses apparurent dont on ne sut où, envahirent les terres d’Althea et attaquèrent les Cinq Peuples dans le désordre le plus total. Kobolds, gobelins, orcs, ogre, trolls, géants de tout genre. Ils tentèrent de se faire une place dans le monde. Même les animaux prirent parfois une forme non-naturelle, comme guidée par une force sans cohérence et étrangère à ce monde. Avaient-ils été créés par les Démons ? Etait-ce le Chaos qui avait façonné des êtres vivants à l’image de son esprit tordu et malsain ? Nul ne le sait encore aujourd’hui.
Les Dieux, dit-on, auraient offensé le Chaos dont ils sont issus, en créant Althea, une perle verte et bleue dans un écrin de noirceur. Pour se venger, le Chaos aurait lancé le Météore, épine de son propre corps, pour anéantir leur œuvre. Les Dieux s’interposèrent mais ne purent empêcher le sombre venin du Chaos de se diffuser lentement dans les rochers, la terre, les plantes, les animaux, et finalement tout ce qui vit.
L’esprit d’Althea, le Monde, se réveilla et lança un appel à ses hérauts. Ils se levèrent, les porte-paroles de la Nature, ceux qui ne parlaient pas d’une voix sauf quand Elle est en danger. Les premiers à entendre son appel furent des elfes, mais bientôt des Althéens d’autres Peuples s’avancèrent. Ils sortirent de leurs Bosquets et de leur Cercles Sacrés, armés de puissance élémentaire, pour faire face au danger.
 insi les Dieux, disent les contes et légendes, n’abandonnèrent pas leur création. Ils armèrent les héros et guidèrent les armées des Cinq Peuples contre les menaces démoniaques, et partirent eux mêmes combattre le Chaos à sa source. Une longue guerre commença, entre les Cinq Peuples et les Monstres, éveillés par le Météore, et les Démons, engeances du Météore qui ne faisaient que croître en nombre de jour en jour, se répandant comme une sombre contagion. Le territoire du Météore s’étendait lentement mais inéxorablement, et s’assombrissait sous des tourbillons continuels de nuages noirs. De cette ère, de nombreuses épopées sont nées, des héros fameux apparurent et disparurent, parfois en laissant peu de traces…
 eux mille ans après la Chute, les Dieux se rassemblèrent sur Althea. Ils virent que la moitié du Monde était corrompue et que les Cinq Peuples n’avaient pas réussi à vaincre les armées du météore, ils décidèrent de contenir les forces du Météore avec un Bouclier d’énergie pure ceinturant le monde. Ainsi fut fait : par une nuit terrible, les dieux déchaînèrent leurs forces divines pour dresser une barrière magique autour du monde : le Bouclier, qui stoppa net l’avancée irrésistible du Chaos et de ses créatures et isola les territoires encore en possession des Althéens. En conclusion des terribles forces qui déchiraient le monde, des montagnes surgirent du sol, marquant ainsi d’une monstrueuse cicatrice la face d’Althea l’emplacement du Bouclier comme une Barrière titanesque. Plusieurs dieux disparurent, consumés par les énergies en action. Le seul nom qui ne fut pas oublié fut celui de Sandolphos, et que certains marginaux vénèrent comme le dieu du Bouclier.
 our protéger le Bouclier, Ejada fit bâtir à ses disciples mortels la cité de Phalanxia, au pied des montagnes et désigna la première Reine de Jade pour la gouverner. Dans le temple dédié à la déesse, on entend parfois l’écho de chants mystérieux, que même les mages les plus sages ne peuvent interpréter. Ce temple recèle, dit-on, la magie pour maintenir ou réparer le Bouclier. Car celui–ci s’affaiblit parfois sous la poussée du Chaos, et des failles apparaissent. Il faut alors les combler, empêcher les démons de passer, ou chasser ceux qui ont déjà franchi le Bouclier.
Eva envoya ses fidèles au nord-ouest où ils fondèrent Ire Lux, la ville aux murs blancs. Ils tournèrent le regard à l’Est, vers le Bouclier. Lorsque les démons franchissaient les montagnes, les paladins sortaient leurs épées de lumière et purifiaient les créatures chaotiques.
Arnoch envoya ses adorateurs au sud-ouest où ils bâtirent Divis Nocte, la ville aux murs noirs. Ils tournèrent le regard à l’Est, vers le Bouclier. Lorsque les démons franchissaient les montagnes, les chevaliers noirs brandissaient leurs lames sombres et abattaient les créatures chaotiques.
es générations se succédèrent, les nouveaux nés qui vinrent ensuite ne connaissaient que ce monde coupé en deux par le Bouclier et au-delà, les démons. Ces montagnes, ce halo violet, tout le monde finit par en parler comme d’une frontière banale.
Au début, tout habitant ou natif devait effectuer un tour de garde à sa majorité. Pendant un an, ils étaient formés à la vie militaire par les soldats de l’armée ; patrouilles et vigies dans les postes d’observation devenait leur pain quotidien, et occasionnellement le combat contre un ou plusieurs démons qui auraient franchi le Bouclier devenait l’occasion de fières réjouissances et démonstrations de force mettant en valeur le courage et le danger qu’affrontèrent les vaillants combattants qui avaient vaincu l’ennemi.
Les nains, solides et acharnés, se chargeaient de surveiller les sous-sols et de veiller que les humanoïdes ne venaient pas attaquer de derrière ; les géants s’y prenaient alors à deux fois devant un bataillon de nains armés jusqu’aux dents. Les Halfelins étaient des éclaireurs hors pair et les premiers à localiser l’ennemi sans se faire repérer eux-mêmes. Les elfes disposaient des plus puissants magiciens et étaient à même de contrer la magie de démons, armés de leur savoir et de leur sagesse. Les gnomes étudiaient des sciences que mêmes les dieux désapprouvaient, mais qui permirent de construire des moyens de communications et de transports rapides et efficaces, donnant un avantage tactique aux Althéens. Les humains, polyvalents, étaient la garantie de pouvoir s’adapter aux besoins du conflit. Leur ambition à accomplir de grandes choses et leur désir de destinée exceptionnelle est une épée à double tranchant, qui a bien servi la cause des Althéens jusqu’aux jours actuels.
es années, puis les siècles de statu quo entre les démons et les Althéens s’écoulèrent. Les uns ne pouvaient pénétrer le Bouclier que de manière ponctuelle, imprévisible et limitée, étaient incapables de mener une attaque décisive contre les forces althéennes endurcies sur le qui-vive. Les autres ne se risquaient que prudemment dans les Terres Chaotiques, par petits groupes, car ne sachant pas ce qu’il y avait au-delà du Bouclier, ils ne voulaient pas risquer de perdre de grandes forces et d’affaiblir les défenses. Chacun campait donc sur ses positions, guettant la faiblesse chez l’autre, se renforçant et attendant son heure.
Mais contrairement aux démons, les mortels se reproduisent et devinrent de plus en plus nombreux. Les morts de la guerre ne compensèrent plus les nombreuses naissances inspirées par un sentiment de sécurité croissant lié au Bouclier, parmi pour la plupart des gens communs, sans conscience du coût et de la réalité de cette sécurité. Ce sentiment, la promiscuité et l’absence d’intimité croissante poussèrent les peuplades à s’éloigner de la Barrière et profiter de l’espace à l’ouest des montagnes. Restèrent près des montagnes ceux dont le devoir était lié à leur foi dans le combat des dieux contre le Chaos, et dont la vie était liée au Bouclier, d’une manière ou d’une autre.
estèrent, les clans de Nains aux lourds boucliers et au sens du devoir exacerbé, éprouvés et affaiblis par les luttes incessantes contre les humanoïdes cachés dans les montagnes et la surveillance des souterrains naturels.
Restèrent, quelques gnomes subtils qui voyaient leur inventivité exacerbée par les nécessités de la guerre, ou dont le commerce trouvait clientèle parmi les soldats.
Restèrent, les Halfelins les plus vaillants et sédentaires, prêts à prendre des risques pour défendre leurs biens.
Restèrent, les humains ambitieux ou dévoués, au nom de leur dieu, de leur cupidité, de leur soif de gloire, ou de pouvoir…Ou tout cela à la fois.

artirent vers l’ouest, les fiers Elfes. Leur Peuple connut des dissensions et ils finirent par se diviser eux-mêmes. Certains partirent vers des îles sur la mer occidentale. Ce qu’ils y firent reste leur secret, mais de temps en temps, un de ces elfes à la peau dorée par le soleil revient à Phalanxia, souvent à la Tour des Mages, où sont instruits à leurs risques et périls ceux qui ont le don. Les autres se retranchèrent dans les forêts, préconisant le rapprochement à la nature. Les plus extrémistes vivent en petits clans et sortent rarement des bois, les autres ont bâti une grande cité dans les arbres.
Partirent, les quelques clans de Nains fatigués des combats. Avides de reconstruire un grand Royaume sous la montagne, ces Nains d’Or ont une haute opinion de la valeur de leur Peuple, comme le prouve leur nom.
Partirent, les Halfelins dont les pieds légers les poussaient vers les chemins de l’aventure et de la découverte.
Partirent, les gnomes qui considéraient que la guerre étaient une gêne à leurs recherches ou qui devinaient des perspectives de mettre leur génie en valeur ailleurs.
Partirent, les humains qui trouvèrent leur intérêt ailleurs…
ubliés, les Nains qui avaient été capturés par les démons lorsque le Bouclier fut levé ; ils furent réduits en esclavage, trop butés pour être corrompus. Lorsque, des siècles plus tard certains parvinrent à s’enfuir pour rejoindre les terres protégées, ils avaient beaucoup changé, au point qu’on se demande à quel point ces nains à la peau grise ont pactisé avec les démons pour survivre. Et à quel point on peut leur faire confiance.
Oubliés, les Elfes qui combattaient les démons loin des positions althéennes. Le Bouclier les a empêché de revenir et ils ont dû apprendre à survivre dans les terres chaotiques, cherchant dans les profondeurs du sol cachette et ressources. Ils sont devenus aussi durs que leur peau devint noire pour survivre au Mal qui règne de l’autre côté. Grâce aux tunnels des Gnomes des profondeurs, certains d’entre eux finirent par en revenir et ils ont ramené avec eux le ressentiment de n’avoir jamais été secourus. Leur peau sombre évoque le mal et le chaos : les Althéens les considèrent rarement comme des alliés et les autres elfes avec dégout.
.jpg) Divis Nocte, les discours se font, depuis quelques temps, plus amers, plus secs. Il faut renforcer les troupes, armer les soldats et rassembler les forts, les sans-peurs, les puissants qui ne craignent pas de verser le sang de leurs ennemis, ceux qui ne pleurent pas et qui se réjouissent de la victoire, la botte sur le visage du vaincu à terre…
Les dieux du Mal n’ont jamais aussi bien porté leur nom. Désormais, l’objectif n’est plus de résister aux démons et au chaos, mais surtout et d’abord d’unifier les terres althéennes sous un régime unique et puissant, sans retenue, et sans faiblesses. Ceux qui s’opposeront à leur volonté seront écrasés, ou réduits en esclavage.
Les fidèles des dieux du Bien, à Ire Lux, ne l’entendent pas de cette oreille. S’ils sont effectivement d’accord pour ne plus se contenter de résister au Chaos, ce ne sera pas selon la loi qu’édictent les prêtres d’Arnoch et d’Orgill l’Impitoyable, mais dans le respect des libertés et des vies althéennes. Ainsi, Ire Lux se prépare à une guerre contre les armées de Divis Nocte.
e part et d’autres, les Hauts Prêtres et Théocrates commencent à haranguer les foules pour recruter des volontaires, tandis qu’à Phalanxia, les habitants continuent de vivre, insouciants, le jour d’après comme le jour d’avant. Ejada ne craint pas pour sa ville : toutes les routes marchandes, tous les échanges commerciaux, et les meilleurs artisans passent tous par Phalanxia. Et aucune armée ne risquerait la chute du Bouclier en attaquant, la ville est donc à l’abri de toute agression… pour le moment.
ttirés par des rumeurs de guerre, de gloire, de justice ou de puissance, de plus en plus d’hommes et de femmes arrivent par le fleuve et débarquent au port de Phalanxia, répondant à l’appel de l’aventure.

(c) Illustrations: leurs auteurs.
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